Réduire les risques : pour une politique et un statut de la réduction des risques

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Ce « 4 pages » fait le point sur la vision de la réduction des risques portée par l’Anitea en 2008. La RdR implique une attitude de veille permanente, permettant d’initier des approches expérimentales, au regard des nouveaux usages et nouveaux besoins des usagers.


Pourquoi réduire les risques ?

La Réduction des Risques sanitaires et sociaux liés aux usages de drogues s’est imposée comme philosophie et concept efficace en Santé Publique face à l’urgence sanitaire du Sida. Cette politique est fondée sur une approche pragmatique, dans un souci de respect et de dignité des personnes.
Les usagers sont considérés comme experts de leur propre consommation. La compétence des groupes d’auto-support est sollicitée dans les stratégies de développement mises en œuvre.

Quels risques réduire ?

La Réduction des Risques a comme objectif prioritaire de réduire les risques sanitaires et sociaux, de prévenir les dommages, d’éviter l’aggravation des usages de drogues, elle n’a donc pas comme première intention l’arrêt immédiat des consommations de substances psycho-actives.
L’illusion d’éradication des drogues et des addictions, quelles qu’elles soient, est abandonnée au profit des stratégies visant à responsabiliser les usagers, à réduire les dommages et à promouvoir la santé.

Comment réduire les risques ?

La RdR se veut pragmatique, dans le non-jugement, pour aller « là où ils en sont » et donc agir au plus près de la réalité des usages et des prises de risques. Elle développe une clinique spécifique grâce à un accueil inconditionnel, à partir d’un seuil adapté d’exigences et dans une intention de liens et d’accès à la prévention et aux soins.
L’approche communautaire et par territoires est recherchée : elle implique la population, les professionnels, les élus, les personnes concernées et elle contribue à une pacification des interactions locales problématiques.
La RdR tente de modifier les représentations réciproques, l’appréhension des usagers et des usages, pour améliorer l’accès aux droits et aux soins dans les dispositifs spécialisés de droit commun. Transversalité et coopérations s’imposent comme principe de développement et pierre d’angle de toutes méthodologies d’actions.

Perspectives de la réduction des risques

Pour être efficace, la RdR se décline tant par addictions, que par territoires géographiques ou spécifiques.
La RdR a commencé avec les pratiques sexuelles à risque puis les usages de drogues. Elle doit pouvoir innover, développer son expérience et ses savoir-faire auprès d’autres addictions et d’autres comportements.
La RdR a élargi, intégré et complété un dispositif existant. Elle doit œuvrer à une cohérence nationale des politiques publiques, au regard des usages de drogues et plus largement au regard d’autres addictions.