Compétitions sportives et prouesses marketing des alcooliers

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Le rapport, Foul Play? Alcohol marketing during UEFA Euro 2016 (Jeu de dupes ? Le marketing alcool pendant l’UEFA Euro 2016) démontre le zoom-9230-05contournement de la législation visant à protéger les mineurs pendant la Coupe de l’Euro 2016.

Chaque  retransmission télévisée a donné lieu à plus de 100 références à du marketing pour de l’alcool, soit une fois par minute en moyenne, selon les travaux des chercheurs de l’Institute for Social Marketing (ISM) de l’Université de Stirling pour les trois pays étudiés (Irlande, au Royaume-Uni France.

La stratégie pour obtenir ces références était celle de promouvoir des « marques alibi » : un produit est cité par le biais d’une marque secondaire qui permet de l’évoquer sans la nommer. 

Le Dr. Richard Purves de l’ISM, qui a dirigé l’étude, Katherine Brown, directrice de l’Institute of Alcohol Studies et Eric Carlin, directeur du Scottish Health Action on Alcohol Problems (SHAAP) soulignent le triste paradoxe de voir une compétition comme un Euro de Foot ainsi instrumentalisé par le marketing de l’alcool.

En France, l’ANPAA avait engagé un contentieux dès l’Euro 2016, en lien avec son mandat. Elle rappelle dans son Communiqué de presse qu’elle avait dénoncée  » la présence massive de la marque dans les fanzones et sa visibilité à la télévision par l’entremise de la marque alibi « Probably ». 

Les acteurs de l’addictologie avaient massivement dénoncé cette « alcoolisation » de l’Euro, qui avait abouti aux violences urbaines constatées dans les villes hôtes. Cet exemple supplémentaire des contradictions de notre société addictogène, qui laisse la pression publicitaire pleinement s’exercer, renonçant à en protéger les plus vulnérables, notamment les mineurs, interroge sur la cohérence des politiques de régulation telle que la Fédération Addiction les mettra en débat au Havre, les 8 et 9 juin 2017.