Le débat sur la régulation du cannabis s’invite dans la primaire, en attendant le colloque du Havre

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En cette année électorale, le statut pénal du cannabis devient l’objet d’un débat entre tenants du tout répressif et promoteurs d’un changement. Son Cannabis-3éventuelle dépénalisation inquiète ceux qui redoutent l’absence d’interdit pour un public jeune qui consomme déjà précocement et massivement du cannabis. Le maintient de la loi de 1970 est refusé par ceux qui récusent une pénalisation de l’usage qui montre depuis 40 ans peu d’efficacité, tant pour contenir le trafic que pour assurer la prévention. Le débat d’hier sur la primaire de Gauche l’a encore largement montré.

En 2014, la Fédération Addiction avait accueilli une délégation uruguayenne venue de Montevideo à l’initiative de l’Association Aurore. Elle avait pu expliquer le chemin parcouru dans un pays gangréné jusqu’alors par la délinquance et les crimes liés à la drogue. Après le colloque du CNAM et de Sciences Po Paris en 2016 au sénat, sur les opportunités d’un changement de paradigme, le sujet a été relancé par une tribune de 150 personnalités de la ville de Marseille sur l’échec des politiques de lutte contre le cannabis. Les signataires y expriment publiquement leur volonté de légaliser le cannabis pour stopper les trafics et les règlements de compte et injecter davantage de moyens dans la prévention. Parmi ces personnalités, des députés, des avocats, des chercheurs, comme Patrizia Carrieri, des professionnels de l’addictologie comme Jean-Jacques Santucci, Directeur d’Addictions Méditerranée et délégué régional PACA de la Fédération Addiction et Béatrice Stambul, ancienne directrice du CSAPA Villa Floréal, à Aix en Provence.

Ailleurs, de nouveaux modèles

Les modèles de régulation qui émergent dans le monde apportent une multiplicité de réponses et de questions sur la possibilité d’une autre politique autour du cannabis (libéralisation comme aux USA, légalisation en Uruguay, dépénalisation au Portugal,…).

Interrogée sur RMC sur ce thème du cannabis, Nathalie Latour, Déléguée générale de la Fédération Addiction, a souligné l’importance d’un changement de paradigme. Aujourd’hui, avec le mouvement en cours dans certains pays (Canada, Etats des USA,…), la mobilisation de plusieurs instances internationales comme la Global Commission on Drug Policy ou les Nations Unies les données épidémiologiques inquiétantes, les simulations de scénari économiques de TERRA NOVA, les apports d’économistes comme Emmanuelle Auriol ou Pierre Yves Geoffard, la réflexion pragmatique sur « quel modèle de régulation  pour le cannabis en France » est nécessaire.

 

Le prochain congrès de la Fédération, les 8 et 9 juin 2017, portera sur ce thème de la régulation : https://www.federationaddiction.fr/les-journees-nationales/des-regulations-deregulations/