Sommet de la vape, une 1ère rencontre autour de la RdR tabac

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Organisé par le CNAM dans le cadre de la chaire addictologie de Didier Jayle, en partenariat avec des experts du produit tabac et des addictions, Jacques Le SommetvapeHouezec, le Dr. Bertrand Dautzenberg, la Fédération Addiction et beaucoup d’autres, ce 1er Sommet de la vape a rassemblé l’ensemble des parties prenantes (scientifiques, politiques, associations, autorités de santé, utilisateurs) et a permis de débattre du meilleur moyen de favoriser l’essor de l’utilisation de la cigarette électronique en tant qu’alternative au tabac chez les fumeurs et de minimiser les potentiels effets négatifs.

Dans un contexte où les travaux sur la balance bénéfices/risques de la cigarette électronique se poursuivent notamment en Angleterre avec le récent rapport du Royal College of Physicians et en France avec l’avis du HCSP, cette rencontre entend contribuer à l’évolution des politiques de santé en la matière. 

Il est à noter que cette rencontre a pu se tenir grâce à un financement participatif qui témoigne de l’engagement des citoyens, usagers, professionnels, autour de cet outil d’aide à la réduction et à l’arrêt du tabac.

Programme

1ère session : la cigarette électronique et la réduction du risque tabagique
2ème session : la position des associations
3ème session : la transposition de la Directive européenne
4ème session : Information des consommateurs, interdiction de la publicité, positions des utilisateurs, des fabricants, des pouvoirs publics

Conclusions de la rencontre

6 points de consensus concernant l’usage de la vape dans les stratégies de réduction et d’arrêt du tabagisme

  1. En utilisation normale, les émissions de la vape ont une composition au minimum 20 fois moins toxique que la fumée de tabac.
  2. Les produits de la vape, y compris les liquides, sont classés comme des produits de consommation courante. Des normes existent actuellement. Ces exigences de qualité (AFNOR ou autres exigences équivalentes) doivent permettre de rassurer les fumeurs désireux de trouver une alternative au tabagisme.
  3. La vape a très certainement permis à de très nombreux fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire significative- ment leur consommation de tabac.
  4. L’utilisation d’arômes, la dose adéquate de nicotine et un matériel adapté à chaque fumeur sont les clefs du succès pour remplacer le tabac par la vape.
  5. L’e-cigarette apparait chez les adolescents plus comme un concurrent du tabac que comme un produit d’initia- tion et les craintes d’y voir une porte d’entrée massive en tabagie s‘estompent en 2016 ; la vigilance reste cepen- dant de mise.
  6. Des études de suivi de cohortes de consommateurs sur le long terme sont nécessaires afin de confirmer les bénéfices du vaporisateur personnel.

Trois points restent l’objet de débats, principalement liés à la place du produit dans la société :

  1. Les vapoteurs et de nombreux professionnels de santé demandent un signal fort et clair de la part des autorités sanitaires.
  2. La publicité directe et indirecte autour du tabac est unanimement désavouée. Une éventuelle interdiction de publicité généralisée des produits de la vape incluant les boutiques est elle aussi majoritairement désavouée.
  3. La réglementation du vapotage dans les lieux publics et de travail apparaît comme le point le moins consensuel, même si tous reconnaissent l’absence ou quasi absence de risque sanitaire. Cependant, l’obligation d’avoir des espaces de vapotage au sein des lieux de travail proposée par le gouvernement a été rejetée par les parlementaires. Cette disposi- tion doit être réintroduite dans la loi de Santé comme une option possible, mais sans caractère obligatoire.

 

Voir le communiqué de presse inter-associatif demandant notamment à la Ministre d’être présente au sommet de la vape