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Une prévention ciblée sur les adolescents à risque permet de réduire leur consommation d’alcool

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Une étude anglo-canadienne randomisée parue dans JAMA Psychiatry le 24 janvier 2013 montre qu’un programme de prévention ciblé sur les adolescents présentant une personnalité « à risque » semble avoir un effet durable pour limiter leur consommation d’alcool, lorsqu’il est mis en œuvre par des équipes formées dans un cadre scolaire. De plus, le fait de retarder la première consommation des jeunes à risque a donné lieu à une apparente immunité de groupe chez les jeunes à faible risque, étant donné la baisse de consommation dans le réseau social. Rappelons que la consommation abusive d’alcool cause 9 % des décès chez les jeunes de 15 ans à 29 ans dans les pays développés.

L’étude intitulée Adventure a été réalisée sur deux ans, avec l’aide de professionnels  d’écoles secondaires de Londres, en Angleterre. Le Dr Patricia Conrod, premier auteur de l’étude, explique que la personnalité et l’influence des pairs sont deux facteurs déterminants dans la consommation abusive d’alcool chez les jeunes. Les jeunes dits « à risque » ont été identifiés via un questionnaire de personnalité à travers des items de type « sensibilité à l’anxiété », « pensées négatives », « impulsivité » ou encore « recherche de sensations fortes ». Ils ont ensuite été rencontrés par les intervenants scolaires, en groupe mais de façon personnalisée, après que ces professionnels ont été formés à la question. Les résultats de l’action ont été comparés avec une action classique d’information sur l’alcool auprès d’autres élèves.

Globalement, ce programme ciblé a permis de réduire de manière significative le risque de boire de l’alcool au cours de la période d’étude, de 29% par rapport à une intervention classique. L’intérêt serait donc de travailler avec ces jeunes « à risque » leur bien-être mental, et non simplement de les informer sur les dangers de l’abus d’alcool. Apprendre aux jeunes à mieux gérer leur vulnérabilité aurait un impact sur la gestion de leur consommation.

>> Lire l’article en français sur le site de l’Université de Montréal
>> Lire l’article en anglais sur le site de JAMA Psychiatry