Etude INVS sur l’alcool, l’une des premières causes d’hospitalisations en France

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Une étude menée par le Pr. François Paille pour l’INVS et cosignée par le Pr. Michel Reynaud, vient d’être publié dans leur Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Elle révèle que l’alcool reste l’une des toutes premières causes d’hospitalisation en France, avec un coût estimé à 2,64 milliards d’euros en 2012.

L’alcool est responsable de 49.000 morts par an en France. C’est la deuxième cause évitable de mortalité prématurée après le tabac (78.000 morts).

En 2012, l’alcool a été responsable :
– 580.000 hospitalisations de courts séjours (+11,3% par rapport à 2006)
– En psychiatrie, plus de 2,7 millions de journées lui sont dues, représentant 10,4% du total des journées dans les services psychiatriques.
– Plus de 2 millions de journées liées à l’alcoolisation excessive ont été en outre recensées dans les services de soins de suite et de réadaptation (SSR), soit 5,6% de leur activité totale.

Tout en soulevant les lacunes de la prise en charge hospitalière des abus d’alcool notamment les cas de comportements d’alcoolisation excessive et du sevrage (5 fois plus de patients hospitalisés pour des complications que pour la seule dépendance) les auteurs rappellent que le coût estimé de ces prises en charge est minimisé. Il faudrait ajouter au coût sanitaire les sous déclarations des pathologies mettant directement en cause l’alcool, ainsi que le le coût social, ce qui donnerait un coût global de l’ordre de 20 milliards d’euros par an selon le Pr. François Paille.

Les auteurs de l’étude posent des recommandations comme mener des actions ciblées sur les régions les plus touchées (ex. Nord et à la Réunion) en appelant notamment plus de moyens alloués à la prise en charge.

La Fédération Addiction rappelle que ces constats sont d’autant plus alarmants qu’ils confirment le péril représenté par la récente remise en cause de la loi Evin et de la protection qu’elle assurait. Bien que les phénomènes d’alcoolisations aiguës ne sauraient s’analyser qu’au seul prisme du contexte sociétal, il est indéniable que l’absence de régulation de la publicité sur l’alcool reste dommageable pour certains publics, les plus jeunes, mais aussi les plus fragiles, les plus influençables…

Voir notre communication sur la loi Evin