Salles de consommation à moindre risque : au nom de la loi, demi-tour arrière !

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Mise en page 1Paris, le 10 octobre 2013

En refusant l’ouverture expérimentale d’une salle de consommation à moindre risque, le Conseil d’Etat produit un avis juridique fondé sur la loi de 1970. Sur ce plan, il doit avoir quelques raisons.

Mais sur le plan de la santé publique et des réponses aux addictions, il demande aux acteurs de la réduction des risques et du soin de répondre avec la logique et les outils de 1970 aux problèmes de 2013. Plus de 40 ans plus tard, au nom d’une loi dépassée, il nous empêche de développer des outils nouveaux, largement expérimentés et évalués dans d’autres pays européens. Ordonnera-t-il aux policiers de poursuivre les dealers avec une 2 CV, d’utiliser  un téléphone en bakélite ?

On pourrait en rire, on risque d’en pleurer. Cette décision illustre l’immobilisme qui condamne à ce jour, notre pays.

Aux habitants des quartiers concernés, aux usagers en précarité à qui cette mesure était destinée, elle dit que rien ne changera, nous ferons comme autrefois. Les policiers continueront à déplacer de sites en sites ces regroupements d’usagers qui font problème dans l’espace public. Les soignants les recevront dans des dispositifs de sevrage et d’abstinence dont ils ne peuvent pleinement bénéficier et dont ils sortiront vite, sans autre effet qu’un découragement supplémentaire. Ils aligneront les passages en prison. Et des budgets seront inutilement dépensés.

Quant aux jeunes, à qui cette loi voulait éviter « un message négatif », ils continueront d’être exposés aux sollicitations multiples d’une société addictogène, qui loin d’en rester aux années 70, n’en finit plus d’innover, utilisant un marketing toujours plus habile pour leur faire consommer alcool, boissons énergisantes, écrans multiples et objets divers.

 Le Conseil d’Etat invite le gouvernement à inscrire ce dispositif dans la loi, nous y sommes prêts mais saura-t-il relever ce défi ?

Contacts presse

Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction
Nathalie LATOUR, Déléguée Générale
Tél. : 01 43 43 72 38 – 06 12 21 07 25
Email : infos@federationaddiction.fr

Télécharger le communiqué de presse sur la SCMR du 10 octobre 2013
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La position de la Fédération reprise dans les médias

Consultez les retombées médiatiques :
>> 20h de France Inter « Case départ pour les salles de shoot » au 20h de France Inter (édition du 10 octobre 2013)
>> Le Grand Dépistage d’Itélé : « Salles de shoot : bientôt une loi ? » (édition du 10 octobre 2013)

Lire également :
>> « La «salle de shoot» parisienne repoussée par le Conseil d’Etat » (Libération du 10 octobre 2013)
>>« «Salles de shoot» : les spécialistes appellent à des solutions rapides » (Libération du 10 octobre 2013)

Autres prises de position

>> Communiqué du Réseau français de la réduction des risques : Salle de consommation, le paradoxe de la réduction des risques mis à nu !
>> Communiqué de l’association Médecins du monde/Gaïa : Salles de consommation : Médecins du Monde et Gaïa Paris appellent le gouvernement à trouver rapidement des solutions juridiques
>> Communiqué de l’association ASUD : Merci au Conseil d’Etat pour son travail de clarification : pour réduire les risques liés à l’usage de drogue, il faut donc changer la loi !
>> Communiqué de l’association AFR : Pour réduire les risques liés aux drogues, il faut changer la loi !
>> Communiqué de la sénatrice Laurence Cohen, Sénatrice du Val-de-Marne, Membre de la commission des Affaires sociales : Salles de consommation : La loi doit évoluer !
>> Communiqué de l’hôpital Marmottan : Décision du Conseil d’Etat sur la salle d’injection supervisée : toute la politique de réduction des risques menacée