Retour sur le premier séminaire de l'UR Ile-de-France : parentalité, addiction et travail social

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parentalite_addiction_travailsocialLe jeudi 6 mars 2014, un nouveau cycle de séminaires a débuté au sein de l’Union Régionale Île-de-France de la Fédération Addiction. Ce premier séminaire « Parentalité, addiction et travail social » a réuni une dizaine de participants. Il a porté sur l’ouvrage de Christiane Saliba Sfeir « Parentalité, addiction et travail social » et était animé par Brigitte Dalet (Responsable service hébergement et soins spécialisés à domicile, Centre Horizons).

Le parcours de l’auteure

Militante depuis de nombreuses années, au côté des femmes, des toxicomanes et de la Fédération Addiction, Christiane Saliba Sfeir a un parcours professionnel riche d’expériences. Aujourd’hui chercheuse et professeure associée en sociologie à l’Université de Beyrouth (Liban), elle participe à la formation des travailleurs sociaux et des professions paramédicales en France et au Liban.

Un ouvrage sur les représentations sociales des travailleurs sociaux

Dans cet ouvrage dense, l’auteure s’appuie sur son expérience de terrain, en tant qu’assistante sociale au CSAPA Horizons à Paris, pour mener une recherche. Elle questionne et conceptualise les processus de parentalité, de dé-liaisons et re-liaisons, ainsi que les représentations des travailleurs sociaux face aux usagers de drogue, et plus particulièrement les parents. Ainsi, elle démontre comment les représentations des travailleurs sociaux (perceptions et préjugés) entraînent certaines attitudes dans la prise en charge (peur, rejet, méfiance…), et renforcent les comportements des usagers face aux professionnels. L’appréciation du danger est donc appréhendée en fonction de ces représentations. La diabolisation du produit, l’obsession du danger, l’aveuglement, la fusion, la sidération sont autant d’obstacles qui empêchent toute confiance dans les compétences de ces parents en contexte d’addiction.

Christiane Saliba Sfeir invite à réfléchir à la nécessaire objectivation qu’apporte le travail pluridisciplinaire, à la ré-humanisation de la relation qui s’effectue lorsque le professionnel, en travaillant ses représentations, change son regard sur l’autre. Il s’agit notamment d’un arbitrage effectué entre la rationalité instrumentale, subjective et sociale du travailleur social dans le cadre des stratégies de parentalisation auprès de ces parents.

Complémentarité avec ses autres recherches

Présentant en parallèle les résultats de ses enquêtes (les travailleurs sociaux et leurs familles, les usagers et leurs familles, les enfants des usagers), elle interroge la place des travailleurs sociaux dans ces interactions. Elle souligne les corrélations entre les résultats mettant en évidence le rôle de la protection de l’enfance dans la prévention de la répétition et des exclusions, et celui des soins médico-psycho-sociaux comme facteur de re-liaison. L’auteure relate l’évolution et les contradictions des politiques adoptées, du placement systématique des enfants, à la réforme 2007 de la loi de protection de l’enfance qui n’assure pas toujours les moyens réels d’application des nouvelles possibilités d’action et d’aide à la parentalité.

Un changement s’opère dans les pratiques professionnelles en lien avec l’évolution des notions de capacité, de responsabilité et du droit à la parentalité dans notre société. Néanmoins, l’actualité (toute proche, en Espagne par exemple) montre combien ces avancées peuvent s’avérer fragiles.

Pour toute question, contactez Ombeline Souhait, chargée de projets régional à la Fédération Addiction, au 01.42.28.83.34 ou sur info.ur-idf@federationaddiction.fr.