Rapport des recommandations 2014 sur les hépatites virales

rapport_hepatites_2014

Auteur : ANRS, AFEF
Parution : mai 2014

>> Vous pourrez trouver le rapport sur le site du Ministère

A l’occasion de la journée nationale de lutte contre les hépatites virales, un colloque a été organisé le 19 mai au Ministère, rassemblant près de 300 personnes. Les recommandations du rapport, commandé par la Direction générale de la santé à l’ANRS, et en association avec l’Association française pour l’étude du foie (AFEF), y ont été présentées.

Le rapport a été coordonné par le professeur Daniel DHUMEAUX (CHU Henri-Mondor, Créteil), qui présidait le Comité de suivi et de prospective du Plan national de lutte contre les hépatites B et C 2009-2012. Jean-Michel DELILE, psychiatre, Directeur Général de CEID, vice-président de la Fédération Addiction, a contribué à l’élaboration de ce rapport et est intervenu lors de la deuxième partie.

En chiffres :
4 000 personnes par an France décèdent d’hépatites virales
200 personnes mobilisées, incluant des cliniciens, des chercheurs, des représentants d’institutions et d’associations de professionnels et de patients.
180 recommandations
22 thèmes traités
3 volontés majeures :
– Prévenir et dépister les hépatites B et C
– Réduire les inégalités sociales et d’accès aux soins
– Construire un parcours de santé cohérent pour tous les patients et optimiser la prise en charge, à l’aune des avancées thérapeutiques

Prévenir et dépister les hépatites B et C

Des données de prévalence qui demandent à être réactualisés mais un constat : près de la moitié des malades ignorent leur statut sérologique. En fonction des données disponibles, le rapport détermine un cadre de dépistage élargi aux hommes de 18 à 60 ans, aux femmes enceintes et à des publics cibles en fonction des facteurs de risques. Concernant l’hépatite B, le rapport d’experts recommande l’étendue de la vaccination dans une perspective d’éradication de la maladie. Une prévention universelle serait donc à mettre en place impliquant en premier lieux les acteurs de 1er recours avec, par exemple, une étendue de la couverture vaccinale des adolescents. Pour ce qui est des publics spécifiques, le rapport se penche sur les usagers de drogues, fortement exposés au virus de l’hépatite C par leurs pratiques d’injection. Sur ce point, les recommandations vont dans le sens d’une politique de réduction des risques et la nécessité d’une offre de soin global et coordonnée.

Réduire les inégalités sociales et d’accès aux soins

Le constat de l’impact délétère du cadre légal sur les pratiques à risques des usagers de drogue incite à mettre en place une offre plus facile d’accès, compatible avec leurs modes de vie et intégrant les autres composantes comme celle de la santé mentale. Limiter les risques de réinfection apparait également primordiale. Les rapporteurs confirment la nécessité de l’utilisation des TROD (La Fédération Addiction a consacré un supplément technique aux TROD, accessible à nos adhérents) par des intervenants non professionnels de santé à la rencontre d’une population exclus ou éloignés du système de soin. L’utilisation des TROD représente une avancée considérable comme en témoigne la décision récente de la HAS de les développer pour le VHC et bientôt pour le VHB. Dans son intervention, la ministre de la Santé explique vouloir « développer l’usage des tests rapides hépatites en les combinant avec ceux qui existent déjà pour le VIH ».

Construire un parcours de santé cohérent pour tous les patients et optimiser la prise en charge, à l’aune des avancées thérapeutiques

Grace aux avancées thérapeutiques, la guérison universelle devient un objectif atteignable, avec un rythme d’arrivée de nouvelles molécules sur le marché entre 4 à 6 mois. Ces nouvelles molécules – très coûteuses– permettraient de guérir jusqu’à 90 % des hépatites C avec moins d’effets indésirables, et la possibilité d’un contrôle de l’infection par le VHB chez la plus grande partie des malades. Mais à l’heure actuelle, il faut noter que les études coût-efficacité tendent à privilégier le traitement chez les patients ayant le risque le plus élevé de progression de leur infection.

Afin de pérenniser le travail collégial présenté, la Ministre de la santé Madame Marisol TOURAINE va confier à la direction générale de la santé, en association avec l’ANRS, la formation d’un comité de suivi qui assurera la mise en œuvre de ces recommandations.

Présent lors de cette journée, SOS Hépatites a diffusé un communiqué de presse, que nous relayons.

Téléchargez le communiqué de presse de SOS Hépatites
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