Le programme expérimental « un chez soi d’abord » perd l’un de ses principaux soutiens

publié le  |  Imprimer

unchezsoidabordAvec le départ annoncé du Préfet Alain Régnier, délégué interministériel chargé des sans-abri et des mal-logés à la DIHAL (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement), c’est aussi l’avenir du programme « un chez soi d’abord » qui interroge les acteurs associatifs.
Membre du comité de pilotage national de ce programme, la Fédération Addiction y côtoie la FNARS ainsi que les décideurs et les représentants des quatre villes pilotes (Lille, Marseille, Toulouse et Paris).  Alain Régnier, par son implication et ses convictions, a su créer un lien de confiance avec les professionnels qui œuvrent dans le champ de l’exclusion et les élus de ces villes, permettant l’implantation du programme. Humaniste et engagé, son action a permis de faire valoir la dignité des personnes accueillies et de favoriser la reconnaissance d’un public difficile au rang de citoyens.

Un grand programme expérimental pour une complémentarité avec le droit commun

« Un chez soi d’abord » expérimente l’accès direct et pérenne à un logement individuel pour des personnes sans-abri, cumulant un ensemble de problématiques : troubles psychiques, addictions, sans-abrisme répétitif… sans pré-requis d’insertion. Il concerne à ce jour près de 400 personnes, accompagnées dans ce projet par des équipes à haut seuil d’exigence. En effet, l’entrée dans le logement est inconditionnelle au regard des soins en 1ère intention, c’est la mise en sécurité et le concept de rétablissement qui sont les deux grandes forces de ce programme. Il est accompagné d’une recherche durant 2 ans. Déjà, les taux de maintien dans le logement sont très encourageants, ainsi que l’amélioration sensible des conditions générales des bénéficiaires. Ce programme démontre ainsi d’autres voies complémentaires au « step by step ».

Quel pilotage pour quelle transférabilité ?

La question qui se pose aujourd’hui est la poursuite du pilotage interministériel  du programme, porté en grande partie par  Alain Regnier à une période charnière de l’expérimentation ou sa transférabilité est à l’étude. Le préfet Reigner était également chargé de veiller à l’application de la circulaire du 26 août 2012 sur les bidonvilles relative « à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ». Dossier hautement sensible s’il en est…

Les acteurs de la Fédération, qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés, sont plus que jamais convaincus que le préfet Régnier a œuvré à la réussite de ce programme grâce à un pilotage fort, investi et empreint des valeurs républicaines. Ainsi, nous serons attentifs à ce qu’un tel niveau d’exigence et d’attention soit consacré à ce programme dans l’avenir.

 

Pour en savoir plus sur le programme Un Chez-soi d’abord :
•    « Programme Un chez-soi d’abord : le logement inconditionnel » In : Réduction des risques : le nouveau paradigme des addictions ?, Actal n°13, décembre 2013
•    « Un chez-soi d’abord : l’articulation des acteurs et des pratiques à tous les niveaux », In : Parcours de soin : l’usager au cœur de l’articulation des pratiques et des acteurs, Actal n°12, mai 2013