Prévention des overdoses : Naloxone et action concertée

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Depuis 2001, la Journée internationale de prévention des overdoses, the International Overdose Awareness Day, interpelle la communauté internationale sur les dégâts liés aux overdoses qui, quand elles ne sont pas mortelles, abîment considérablement la personne et impacte directement son entourage. Elle répand aussi le message que la tragédie d’une mort par surdose est évitable.

Cette année, les organisateurs australiens soulignent la croissance fulgurante de l’abus d’opioïdes d’ordonnance et rappellent que, bien que les médicaments antidouleur répondent à un important besoin médical, leur mésusage peut avoir de tragiques conséquences.

La dernière enquête DRAMES (Décès en Relation avec l’Abus de Médicaments Et de Substances), qui recueille les cas de décès liés à l’usage abusif de substances psychoactives (surdoses), montre qu’en France, leur nombre reste préoccupant et souvent en relation avec la consommation d’opiacés autres que l’héroïne[1] .

Cette Journée est l’occasion de rappeler que des moyens existent pour limiter ces surdoses (formation à la prescription des opiacés, rôle des médicaments de substitution associés à un suivi psychologique et social, etc.) et qu’il est temps de déployer des nouveaux outils : renforcement des alertes sur les compositions des produits et de l’analyse de drogues, limitation des pratiques d’injection, diffusion de traitements…

La précédente baisse des surdoses était largement imputable à l’intensification des médicaments de substitution opiacés et à la politique de réduction des risques. Si nous voulons qu’elle se poursuive, il faut investir ces nouveaux outils et renforcer la vigilance commune en responsabilisant usagers et professionnels.

La primo-prescription de méthadone en médecine de ville (PPMV), mesure en cours d’instruction à la Direction Générale de la Santé, dans un cadre qui renforce les liens entre les médecins généralistes et les équipes des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et des consultations d’addictologie hospitalière, va dans ce sens.

De même, les derniers arbitrages de la DGS et l’ANSM sur la mise à disposition plus large de la Naloxone, pratique qui a fait ses preuves à l’étranger en tant qu’outil de réduction de la mortalité liée aux surdoses, sont attendus. La grande facilité d’utilisation de la Naloxone, son délai d’action rapide, ses modes d’administration, notamment par la voie nasale, lui permettent d’être administrée par toute personne présente lors d’une surdose et ayant reçu une formation minimale.

Les savoir-faire développés par les professionnels de la réduction des risques et de l’addictologie, mais aussi par les acteurs de l’urgence médicale et de la liaison doivent être valorisés et diffusés largement. Les situations à haut risque de surdose, que sont la fin d’un soin résidentiel, la sortie d’un sevrage ou d’incarcération (permissions, aménagements ou fin de peine) doivent être anticipées avec les usagers en valorisant l’auto-expertise, dans une logique de santé communautaire.

Il est urgent de lever les derniers obstacles administratifs et techniques qui retardent la mise en place de ces mesures préparées de longue date et conjointement par les acteurs de santé, institutionnels, professionnels et usagers, La loi de santé qui va être débattue au sénat y contribuera en consolidant et élargissant le cadre de la réduction des risques. Tout doit être fait pour en assurer la mise en œuvre pour tous et sur l’ensemble du territoire.

[1] Enquête 2012 – ANSM. En 2012, 60 % des décès par surdoses sont imputables au moins en partie aux MSO : la méthadone est impliquée dans 45 % d’entre eux, tandis que la BHD l’est dans 15 % selon les résultats de l’enquête DRAMES. Entre 2010 et 2012, la part des décès impliquant la méthadone a augmenté de 36 % à 45 %.

Contacts presse :
APSEP : Damien Mauillon, Président – apsep.contact@gmail.com
ELSA France : Pierre Polomeni – Président – pierre.polomeni@aphp.fr
FEDERATION ADDICTION/MG ADDICTIONS : Xavier Aknine – Référent pôle médecine générale de la Fédération Addiction – 01 43 43 72 38 – 06 15 13 08 77
RESPADD : Nicolas Bonnet, Directeur – nicolas.bonnet@respadd.org – 01 40 44 50 26