La prévention des addictions : une priorité de santé publique?

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Communiqué de presse
Paris, le 10 février 2014

Une baisse des financements de la prévention

Au moment où le plan cancer 2014-2019, présenté par le Président de la République, met l’accent sur la prévention contre le tabagisme, déterminant majeur de mortalité prématurée avec l’alcoolisme et alors même que la Stratégie Nationale de Santé (SNS) en a fait l’un de ses principaux enjeux, la prévention est une nouvelle fois utilisée comme une « variable d’ajustement » budgétaire.

En effet, les crédits du Ministère de la santé destinés à la prévention affichent une baisse de 14%, passant de 140 à 120 millions d’euros, soit moins de 0,05% des crédits consacrés au soin. Cela devrait amputer de 11% les crédits régionaux à disposition des Agences Régionales de Santé et de 30% ceux permettant à la Direction Générale de la Santé de financer des projets à dimension nationale. Cette baisse est d’autant plus préoccupante que les budgets étaient déjà insuffisants pour couvrir les besoins identifiés sur les territoires et que ce sont les structures de proximité, plus fragiles et moins armées pour se faire entendre, qui seront impactées prioritairement.

Un contexte sociétal addictogène

Les conduites addictives, y compris comportementales, entraînent des dommages majeurs aux plans psychologique et social pour les patients et leur famille. Elles sont emblématiques des inégalités sociales de santé et requièrent de faciliter l’accès aux soins et aux traitements, en médecine de ville, dans les centres spécialisés et les hôpitaux. Dans une société de l’hyper-sollicitation consommatoire, elles nécessitent une prévention qui informe sur les produits et leurs dangers, qui éduque et développe des compétences psycho-sociales favorisant esprit critique, autodétermination et renforcement du contrôle de soi. Comme le souligne la récente expertise scientifique « jeunes et addictions » de l’INSERM, il s’agit de prévenir l’initiation ou de retarder l’âge des premières consommations afin d’en réduire les impacts sur la santé.

La prévention doit s’inclure dans un continuum de réponses

Cette prévention des addictions s’exerce indifféremment en amont des usages et auprès de ceux qui expérimentent ou sont dans des usages réguliers ou des abus. Prévenir, c’est «aller vers» en associant les acteurs du territoire dans une approche décloisonnée, en cohérence avec les pratiques du soin, de la réduction des risques et de l’intervention précoce qui favorise repérage et interventions brèves auprès des personnes à risques et le soutien à l’entourage familial. C’est dans ce continuum d’interventions que les équipes transdisciplinaires des Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) trouvent leur légitimité et leur efficacité au côté des autres acteurs de la prévention.

En conclusion

La Fédération Addiction, consciente des difficultés économiques actuelles et du contexte sociétal fortement addictogène, demande de recentrer des crédits, aujourd’hui morcelés et dispersés, sur cette mission de prévention afin d’agir efficacement sur les déterminants de santé.

Les orientations de la SNS, en particulier celle du « décloisonnement entre le préventif et le curatif », doivent aider à prioriser la prévention et à pérenniser son financement afin de renforcer la faisabilité, la pertinence, la qualité et l’efficience des actions de proximité, notamment auprès des jeunes, des familles et des publics les plus vulnérables.

Contacts presse
Nathalie LATOUR, Déléguée Générale
Tél. : 01 43 43 72 38 – 06 12 21 07 25
Email : infos@federationaddiction.fr

Téléchargez le communiqué du 10 février 2014 au format PDF
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