Place du pharmacien d’officine dans le dispositif de réduction des risques liés à l’usage de drogues (thèse)

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Présentée et soutenue publiquement le 7 Juin 2013 par M. Kevin CONDÉ
Université Toulouse III – Paul Sabatier / Faculté des sciences pharmaceutiques
Directeur de thèse : Dr. Maryse LAPEYRE-MESTRE
Président du jury : Pr. Anne ROUSSIN
1er assesseur : Mme Martine LACOSTE
2ème assesseur : Mme Nathalie PEYRE

M. Kevin Condé a soutenu en juin 2013 une thèse pour l’obtention du diplôme d’Etat de docteur en pharmacie sur la place du pharmacien dans la réduction des risques. Martine Lacoste, directrice de l’association Clémence Isaure et vice-présidente de la Fédération Addiction, faisait partie du jury. Nous mettons à votre disposition ce travail qui rejoint les préoccupations de la Fédération en matière de RdR et d’articulation des acteurs du soin.

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Un état des lieux de la réduction des risques en pharmacie en Midi-Pyrénées

« Les usagers de drogues, et particulièrement les injecteurs, s’exposent à différents risques pouvant menacer leur état de santé. Ces risques peuvent être très divers : infections (virales, bactériennes, fongiques), overdoses, abcès, œdèmes, phlébites, désocialisation…

Pour prévenir ces dommages potentiels, la réponse de la société s’est longtemps bornée à la promotion idéaliste de la désintoxication et de l’abstinence.

Dans les années 80, l’émergence de l’épidémie de SIDA a impulsé un changement de paradigme : l’urgence sanitaire imposait l’adoption d’une attitude plus pragmatique consistant à limiter les risques auxquels s’exposaient les usagers de drogues, quitte à accepter de reléguer au second plan l’objectif de sevrage.

Ce dispositif de « réduction des risques » fait intervenir différents outils parmi lesquels on peut citer le libre accès au matériel d’injection stérile, les traitements de substitution ou le développement de structures de prise en charge spécialisées.

Malgré quelques réticences, la notion de réduction des risques s’est finalement imposée aux acteurs comme un élément incontournable d’une politique de santé publique pragmatique et efficace. Néanmoins, en dehors du milieu de l’addictologie ou des cercles annexes, la démarche n’est pas toujours bien comprise. Partant de ce constat, nous avons souhaité nous intéresser à l’implication et au rôle du pharmacien d’officine dans cette politique.

Dans une première partie, nous développerons ce concept de réduction des risques. Pour cela, nous présenterons les différents types de risques auxquels s’exposent les usagers de drogues, les principes fondateurs de cette politique, la situation française telle qu’elle existe et quelques pistes de diversification du dispositif existant.

Puis, dans une seconde partie, nous présenterons les résultats d’une enquête que nous avons menée sur la région Midi-Pyrénées en 2012. Cette enquête, réalisée auprès d’usagers de drogues, avait pour objectif d’évaluer leurs points de vue concernant le dispositif de prise en charge et notamment l’implication des pharmaciens dans celui-ci.

Après en avoir discuté les résultats, une mise en perspective nous permettra de proposer quelques pistes de réflexion concernant une éventuelle amélioration de l’implication officinale dans la politique française de réduction des risques. Des objectifs et certaines de leur modalités de mise en œuvre seront ainsi proposés. »

Table des matières

INTRODUCTION

CONCEPT DE LA REDUCTION DES RISQUES
1) Risques associés à l’usage de drogues
1.1) Risques sanitaires stricts
1.1.1) Risques sanitaires infectieux
1.1.1.1) Risques infectieux épidémiques
1.1.1.2) Risques infectieux non épidémiques
1.1.2) Risques sanitaires non infectieux
1.2) Risques non sanitaires stricts
2) Principes
2.1) Principes généraux
2.2) Diversité de conceptions
3) Historique et situation française
3.1) Contexte historique
3.2) Accessibilité au matériel d’injection
3.3) Traitements de substitution
3.3.1) Objectifs
3.3.2) Médicaments disponibles
3.3.3) Autres traitements
3.4) Structures de prise en charge
3.4.1) Seuil d’exigence
3.4.2) Dispositifs existants
3.4.3) Une opposition stérile ?
3.4.4) Institutionnalisation de la politique de RdR
4) Pistes de diversification de l’offre de RdR
4.1) Salles de Consommation à Moindres Risques (SCMR)
4.2) Education aux Risques Liés à l’Injection
4.3) Naloxone pour la prévention des décès par overdose
5) Efficacité des mesures de réduction des risques

PLACE DU PHARMACIEN DANS LE DISPOSITIF
1) Le pharmacien et la réduction des risques
1.1) Contexte français
1.1.1) Contexte général
1.1.2) Enquête nationale CEIP-AFSSAPS (2010)
1.1.2.1) Résultats de l’étude n°1
1.1.2.2) Résultats de l’étude n°2
1.1.3) Autres données françaises récentes
1.1.3.1) Enquête PharmAsud
1.1.3.2) Enquête sur l’acquisition du matériel d’injection en pharmacie
1.1.3.3) Journée nationale sur l’échange de seringues en pharmacie
1.2) A l’étranger
2) Enquête régionale CSAPA-CAARUD (2012)
2.1) Présentation
2.1.1) Objectifs
2.1.2) Matériels et méthodes
2.1.2.1) Inclusion
2.1.2.2) Questionnaires
2.1.2.3) Analyse
2.2) Résultats
2.2.1) Principales caractéristiques des participants
2.2.2) Description des consommations des usagers
2.2.3) Rapports avec le pharmacien et usage de matériel d’injection
2.2.4) Description de la consommation de MSO
2.2.5) Description des critères de choix du MSO consommé
2.2.6) Description du cadre du traitement de substitution
2.2.7) Description du vécu du traitement de substitution
2.2.8) Autres médicaments psychotropes consommés
2.3) Discussion
2.3.1) Principaux résultats
2.3.2) Différences avec l’enquête nationale de 2010
2.3.3) Evolution des modalités d’enquête
3) Perspectives concernant l’implication officinale
3.1) Problématique
3.2) SuggestionsTéléchargez la thèse de Kevin Condé
3.3) Conditions de faisabilité

CONCLUSION, BIBLIOGRAPHIE et ANNEXES