L’outil ASI : une aide à l’évaluation pour les centres de soin en addictologie

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La Fédération Addiction propose comme chaque année une formation dédiée à l’outil ASI (Addiction Severity Index). Cécile Denis, chercheuse au Centre d’étude de l’addiction à l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie) et à l’Université de Bordeaux, revient pour nous sur l’intérêt de cet outil pour les professionnels des addictions.

Vous animez une formation sur l’outil ASI pour la Fédération Addiction. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Cécile Denis. Cette formation est proposée par le laboratoire de recherche en Addictologie (SANPsy USR CNRS 3413/ Université de Bordeaux) et le pôle d’addictologie du CH Charles Perrens (Bordeaux). Nous organisons ces formations depuis 1998 et avons formé à ce jour plus de 500 intervenants dans des structures de soins en addictologie. L’ASI est utilisé et intégré à la pratique clinique quotidienne du CSAPA depuis 1992.

Qu’est-ce que l’outil ASI ?

 

CD. L’Addiction Severity Index (ASI) est l’outil le plus utilisé dans le monde pour l’évaluation des personnes faisant usage de substances. Nous utilisons une version modifiée de l’ASI qui permet une évaluation de l’ensemble des substances (y compris alcool et tabac) et également des comportements (jeu de hasard et d’argent, jeu vidéo, trouble lié à l’alimentation, achats, sport, sexe, etc.). Cette évaluation est multifactorielle, c’est à dire qu’elle ne se limite pas à l’évaluation des consommations mais permet une évaluation de l’ensemble des domaines pouvant être affectés par l’addiction (somatique, psychologique, emploi/ ressources financières, relations familiales et sociales, situation légale). Un autre intérêt de l’ASI est qu’il peut se répéter dans le temps, permettant ainsi de suivre l’évolution clinique du patient.

Quelle est sa plus-value pour les centres de soin en addictologie ?

 

CD. L’ASI permet une évaluation multifactorielle dans un temps relativement court. Cette évaluation permet au clinicien, au cours d’un seul entretien, d’avoir une vision globale de l’ensemble des problématiques rencontrées par le patient et va ainsi l’aider à mettre en place une prise en charge optimale pour le patient. L’ASI va également pouvoir être partagé par l’ensemble de l’équipe clinique, chaque personnel soignant aura ainsi la même connaissance de base de chaque patient, permettant une meilleure communication et une meilleure intégration et optimisation de la prise en charge. La répétition de l’ASI au cours de la prise en charge va permettre une évaluation de l’évolution du patient au cours de celle-ci et un ajustement si nécessaire. Enfin, de part la nature des items recueillis, l’exploitation de certains d’entre eux va permettre aux centres de soin en addictologie de décrire précisément les patients qu’ils accueillent dans leur structure et de fournir des informations requises par les autorités de tutelle (ARS par exemple).

Quels conseils donneriez-vous aux centres pour utiliser au mieux l’outil ASI ?

 

CD. L’évaluation doit se réfléchir en équipe. Il ne faut pas se lancer dans une évaluation juste pour collecter des données. L’équipe doit savoir pourquoi évaluer, quel est l’objectif de l’évaluation et comment utiliser cette évaluation. Lors de la formation, nous abordons aussi d’autres outils d’évaluation et donnons des pistes pour choisir le bon outil en fonction de l’objectif recherché. Nous illustrons nos propos par des exemples concrets d’utilisation de l’ASI dans différents cadres de soins, d’évaluation sanitaire, de recherche.

 

>> En savoir plus sur la formation « Initiation et pratique de l’outil ASI »