Le désir malade

publié le  |  Imprimer

Longtemps, le plaisir a été un péché, et la quête du plaisir, surtout lorsqu’il était déviant par rapport aux normes – masturbation, homosexualité, etc.- une maladie. Notre époque, depuis quelques décennies, l’a libéré. Puis elle en a contrôlé à nouveau l’usage, imposé ses normes au nom de la santé publique ou privée (tabac, alcool, sexe, etc.)
Parallèlement, au nom de l’hygiène et de la valeur « bonheur », d’exercice de la liberté, elle en a fait une contrainte, un nouveau conformisme. Vous ne jouissez pas ? Allez consulter…
Le plaisir, obligatoire pour tous, mais de plus en plus contrôlé…
A force de vouloir ainsi l’imposer à tous, et sous une norme unique, notre société l’a peut-être « rendu malade », cause de souffrance, d’angoisse, de perte de l’estime de soi ; d’où le développement des « maladies du désir » -boulimie, anorexie, addictions, ou absence de libido…
Et si, pour retrouver le vrai sens du désir, il fallait le réinvestir de sa liberté, de sa capacité à générer des excès, à accepter ses déviances, voire ses transgressions ? Tout en sachant trouver une expression respectueuse d’autrui de cette liberté individuelle, bien sûr.
C’est à cette seule condition que le désir, qui a été infantilisé, pourra redevenir « adulte », libre – mais aussi responsable -. Porteur de sens et de bonheur.
C’est toute la réflexion de Marc Valleur et Jean-Claude Matysiak. Suivons-les…

Marc Valleur est psychiatre, directeur médical de l’hôpital Marmottan.
Jean-Claude Matysiak est psychiatre, directeur médical du centre Littoral.

Ils ont publié de nombreux livres, dont certains sont devenus des « classiques », repris en poche ou traduits (Calmann-Lévy, Lattès, Flammarion, Armand Colin, etc.). Ils participent régulièrement à des émissions de radio et de télévision, et sont également sollicités par la presse écrite.