La réduction des risques, colonne vertébrale du programme TAPAJ

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page_brefTAPAJ, pour Travail Alternatif Payé à la Journée, est un programme d’insertion spécifique permettant aux jeunes de 18 à 25 ans en très grande précarité d’être rémunérés en fin de journée, pour une activité professionnelle qui ne nécessite pas de qualification ou d’expérience professionnelle particulière et ne les engage pas dans la durée.

Un programme de réduction des risques…

Le programme TAPAJ favorise la continuité des interventions sanitaires, sociales et d’insertion. Il repose sur les partenariats opérationnels suivants :

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La réduction des risques sanitaires et sociaux est la colonne vertébrale de TAPAJ. C’est pourquoi, les programmes d’ores et déjà développés en France sont portés par des CAARUD ou des CSAPA.

… pour un public de jeunes consommateurs en errance

En amont du programme, un travail de contact et de repérage des jeunes est effectué par les éducateurs lors de sessions de travail de rue. Elles visent à entrer en lien avec des jeunes en errance dans différents espaces publics et faire connaitre les structures de RDR et de soin et leur offre.

« Ces personnes qui ne fréquentent pas encore le CAARUD, et le lien fragile que l’on essaye de conserver avec elles, exige un savoir-faire demandant beaucoup d’écoute et de présence, mais aussi une capacité d’adaptation et de réponse précise à des besoins de première nécessité » (1).

En intégrant le programme TAPAJ, les jeunes trouvent une source de revenus rapide et souple, en alternative à « la manche ». L’objectif, pour les centres porteurs, est de répondre à un besoin immédiat du jeune. Via un travail éducatif spécifique dit de « côte à côte », des espaces de parole entre le jeune et le professionnel se développent, base indispensable au programme.

« L’entretien de côte à côte relève avant tout d’un état de vigilance accru dans la mise en place spatiale et temporelle des conditions d’émergence potentielle d’une parole. Le jeune va pouvoir livrer des choses plus intimes dans cet interstice dont il s’échappera la plupart du temps immédiatement après mais où les mots ont été posés. Chacun sait alors que nous en sommes dépositaires. Charge à nous de le travailler par la suite » (2).

Favoriser l’estime de soi et l’autonomie

Le programme TAPAJ comprend 3 phases dont l’un des objectifs transversaux est la revalorisation de soi. L’accès au monde du travail et à ses codes (contrat de travail, rémunération, horaires, tâches, etc.), ainsi que la valeur-ajoutée apportée par les entretiens en côte à côte, favorisent l’estime de soi et peu à peu l’émergence d’un projet. Projet professionnel, projet de soin, projet de vie… Au fur et à mesure des phases, l’accompagnement s’individualise et se structure, le jeune se voit confier des contrats plus longs, de droit commun parfois, attestant de son autonomie grandissante.

Ainsi les actions de réduction des risques sanitaires et sociaux se retrouvent à tous les niveaux du programme. Elles nécessitent des techniques éducatives spécifiques :
– « L’aller vers »,
– L’accueil de la personne là où elle en est de son parcours, sans préalable ni jugement,
– Le « faire avec »,
– L’entretien « côte à côte »,
– Etc.

1 & 2 – Agnès Creyemey et Jean-Hugues Morales, « TAPAJ : des emplois alternatifs payés à la journée« , VST – Vie sociale et traitements, 2013/3 N°119, p. 16-20
Source image : site tapaj.org

 

Pour aller encore plus loin dans la définition des pratiques professionnelles des éducateurs référents TAPAJ au sein des CAARUD et des CSAPA, le groupe national TAPAJ France va organiser prochainement, un séminaire consacré précisément aux outils et techniques éducatives TAPAJ.

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