Jeux d’argent : qui l’Etat doit-il défendre ?

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Le rapport OFDT/INPES permet d’avoir une première idée de l’impact des jeux d’argent en France. 600 000 joueurs à problème, dont 200 000 joueurs excessifs. Ces chiffres retiennent d’autant plus l’attention que l’enquête est antérieure à la mise en oeuvre des jeux d’argent en ligne et qu’elle paraît alors que l’Autorité de Régulation des Jeux En Ligne (ARJEL) vient de rendre le rapport prévu par la loi afin d’en améliorer le contenu.

De quelles améliorations parle-t-on ?

  • De celles demandées par certains industriels, soucieux d’abaisser les contrôles et d’affaiblir les protections proposées aux joueurs alors que nos pays n’en finissent plus de découvrir les effets délétères d’une économie sans limite ? Réclamer moins de contrôle, moins de protection est pour le moins étonnant.
  • De celles demandées par les professionnels de l’addictologie ? Les centres universitaires de référence continuent de devoir se battre pour assurer leur indépendance et les conditions de leur fonctionnement. Les Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) qui forment avec les équipes de liaison en addictologie (ELSA) et les médecins de ville, l’essentiel du dispositif d’accueil et de prise en charge de personnes en difficultés avec les addictions, n’ont reçu aucun moyen supplémentaire pour les aider dans cette mission nouvelle, qu’ils ne pourront traiter qu’aux dépens des problèmes d’alcool, de tabac, de drogues illicites qui continuent pourtant de se développer. Leur voix portera-t-elle plus que celle des industriels ?
  • De celles qui devraient être apportées dans le champ de la prévention, mais qui tardent à venir, l’INPES n’ayant pas eu les moyens d’amorcer la campagne de communication prévue sur cette question.

Alors que se prépare l’ajustement de la loi sur l’ouverture des jeux d’argent en ligne et à l’exemple de ce qui s’est passé avec le Médiator, nous devons veiller à préserver l’indépendance et les moyens d’agir, de celles et ceux qui doivent répondre aux problèmes posés par l’extension des jeux d’argent et faire face aux conséquences des excès qu’ils entraîneront.

Comme l’enquête le montre, ce sont les plus vulnérables, tant financièrement que personnellement, qui sont les plus exposés et qui en paieront le plus lourd tribut.

Contact Presse :
Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction
Tél. : 01 43 43 72 38 – Email : infos@federationaddiction.fr