Jeunes et addictions : proposer une réponse globale centrée sur la prévention et l’intervention précoce

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cannabisLa consommation de cannabis chez les jeunes à nouveau à la une de l’actualité

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, a relancé le débat autour de la réglementation concernant le cannabis en proposant, le 18 janvier 2014, un projet de loi voulant rendre obligatoire au moins une fois par an les tests de dépistage de produits stupéfiants pour les lycéens. Confondant au passage addiction et expérimentation, le projet de loi veut fournir les résultats du dépistage aux parents ou tuteurs et confier au médecin scolaire le soin d’accompagner les familles en cas de résultat positif. Le coût de cette mesure serait compensé par une augmentation de la taxe sur les produits cigarettiers. Sa proposition est communiquée alors que le Figaro vient de publier un dossier sur la thématique du cannabis au collège et au lycée valorisant l’intervention policière en la matière.

Vincent Peillon, Ministre de l’Éducation, lors d’un entretien avec des journalistes, ne s’est pas montré opposé au dépistage mais a douté qu’il soit suffisant pour résoudre le problème de la consommation de cannabis chez les jeunes. Insistant sur la nécessité de ne pas se focaliser sur ce seul produit, il a replacé la question dans le contexte plus global de l’éducation pour la santé, incluant tous les types d’addiction, mais aussi l’alimentation ou encore l’éducation à la sexualité. Lire l’article du Monde sur le sujet.

Sur leur blog Un Monde 100 drogues, Jean-Pierre Couteron et Pierre Chappard rappellent, dans un article du 20 janvier, que les cinq ans de politique de « guerre à la drogue » menée par la MILDT entre 2007 et 2012 n’ont pas réussi à faire baisser la consommation. Au contraire, les chiffres montrent une forte consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les jeunes (enquêtes ESPAD, HBSC, Baromètre santé jeunes).

Jeunes et addictions : pour une approche globale de la question

L’exemple de nos voisins allemands montre que le développement d’une approche éducative et thérapeutique intégrée, comme le programme CANDIS lancé en 2004, basé sur une pluralité d’approches (remotivation, TCC et résolution des problèmes psychosociaux) apporte des résultats encourageants.

L’intervention précoce est donc l’une des clés pour aider les jeunes en situation d’addiction. En France, c’est notamment le rôle du dispositif Consultations jeunes consommateurs, qui accueillent les personnes au début de leurs usages, et donc est amené à rencontrer plus fréquemment des adolescents et leurs entourages ainsi que de jeunes adultes.

La Fédération Addiction a pris régulièrement position, dans ses communiqués de presse notamment, sur la nécessité :
* de ne pas isoler le « produit cannabis » de l’ensemble des conduites addictives chez les jeunes : la frontière entre produits licites et illicites n’a pas de sens, les jeunes consommant également beaucoup d’alcool et de tabac, produits disponibles en vente légale mais qui ont également un impact sur la santé
* de comprendre ces consommations dans le cadre d’une société addictogène, qui pousse les individus vers la consommation et le plaisir immédiat
* de travailler sur les fragilités psychologiques potentielles en amont, en développant les compétences psycho-sociales par exemple, pour limiter les risques de conduites addictives
* de soutenir les dispositifs de prévention et d’intervention précoce

Pour en savoir plus
>> Consultez notre dossier d’articles sur le cannabis
>> Consultez notre dossier d’articles sur les jeunes et les addictions