Prévention et dépistage Hépatites : intervention de Jean-Michel Delile au XVème congrès de la SFLS

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sflsDans la continuité de sa contribution à la réalisation du rapport de recommandations 2014 sur les Hépatites, Jean-Michel Delile, psychiatre, directeur du CEID, Vice-Président de la Fédération Addiction, est intervenu au Congrès de la Société Française de Lutte contre le Sida, au sein de l’atelier : Dépistage et prévention : qui et quoi pour quelle cible ? Sur la base du rapport d’experts Hépatites, Jean-Michel Delile a pu décliner les recommandations pour une prise en charge optimisée d’une population à risques, à savoir les usagers de drogues.

Les recommandations en matière de dépistage et prévention

– Poursuivre une stratégie de dépistage ciblé des infections virales B et C en fonction des facteurs de risque de contamination (action qui s’inscrit dans le cadre du contrat d’objectifs et de moyens entre l’UNCAM et l’Etat et faire objet d’un objectif de santé publique proposé à chaque médecin).
– Elargir les stratégies de dépistage aux populations suivantes :
* homme âgés de 18 à 60 ans
* femmes enceintes dès la première consultation prénatale
en évaluant régulièrement ces stratégies
– Associer dans tous les cas, la recherche des 3 virus VHB, VHC et VIH, compte tenu des similitudes épidémiologiques et de la possibilité et intérêt de test groupés
– Associer les 3 marqueurs recommandés par la HAS (AgHBs, anticorps anti-HBS et anticorps anti-HBC) pour le dépistage du VHB dans la nomenclature des actes de biologie médicale et rembourser intégralement ce test.
– Faire que les TRODS développés pour les infections virales B et C favorisent le dépistage des populations qui ne fréquentent pas les structures médicales classiques. (une formation des intervenants non professionnels de santé qui proposeront ces tests est indispensable, afin que le dépistage soit accepté et soit suivi d’une prise en charge adaptée.
– Conseiller les personnes dépistées dont les tests sont négatifs, en les informant des possibilités de contamination en cas de poursuite des conduites à risque et en leur proposant selon leurs facteurs de risque, une vaccination contre Hépatite B.

Les recommandations en matière de RdR chez les usagers de drogues

– Réorienter la politique générale de lutte contre les drogues issue de la loi de 1970, en donnant priorité aux actions de santé publique (réduction des risques et soins) par rapport aux actions de contrôle légal et de répression des usages de drogues en accentuant les efforts engagés par la loi de santé publique de 2004
– Déployer sur le terrain les stratégies de réduction des risques chez les usager de drogues, en améliorant la qualité , la disponibilité et accessibilité des matériels d’injection ainsi qu’en diversifiant les dispositifs de sécurisation des injections AERLI et salles de consommation (SCMR).
– Proposer une offre de soins globale et coordonnée dans un même lieu fréquenté par UD (soins médico sociaux en addictologie, RDR, dépistage, utilisation non invasives d’évaluation de la fibrose hépatites, traitements antirétroviraux et suivi spécialisé).
– Préconiser un traitement le plus précoce possible des UD en assurant une prise en charge multidisciplinaire.
– Améliorer la formation des acteurs en contact avec les UD sur les risques liés au VHB et VHC et sur la réalité concrète des pratiques d’injection pour expliquer techniques de RDR.
– Soutenir et évaluer certaines approches innovantes :
a. combinaison des traitements de substitution aux opiacés et dispositifs de RDR
b. promotion action de prévention au passage à l’injection et des alternatives à la voie injectables »
– Développer les actions de réduction des risques en milieu pénitentiaire :
a. élargissement des interventions associatives et professionnels exerçant dans le champ des addictions
b. intervention des pairs et expérimentation des programmes échange de seringues
c. mise en œuvre des mesures du référentiel de la RDR en milieu carcéral

Un comité de suivi pour la mise en œuvre des « recommandations sur la prise en charge des patients infectés par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C »

Au sein du groupe « Experts et professionnels de terrain » (10 représentants), la Fédération Addiction, par l’intermédiaire de Jean-Michel Delile, continue avec enthousiasme son implication dans ce comité restreint de suivi du plan hépatites.

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