Enquête TREND sur les tendances récences des substances illicites ou détournées

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La dernière enquête TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) menée par l’OFDT révèle une situation de paupérisation préoccupante des usagers de drogues, étudiée sur 7 villes de France (Bordeaux, Lille, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse).

Une paupérisation généralisée sur les différents sites

Les résultats de l’enquête démontre une forte précarisation des publics usagers, avec des conséquences significatives sur leurs conditions de vie et leur insertion sociale. La réorganisation de l’offre des produits (fractionnement des doses), des pratiques (partage des doses, modification des voies d’administration) et l’émergence ou le retour de certaines consommations (médicaments détournés) sont autant de signes de cette paupérisation. Du côté de l’offre, l’analyse du dispositif TREND met en lumière la diversification des modes de diffusion des substances:
– Achat sur internet et approvisionnement par voie postale se développent au delà des NPS ;
– Teneurs moyennes et niveaux de pureté des différents produits en hausse.

Identification particulière à Toulouse et Bordeaux

Les sites de Bordeaux et de Toulouse insistent particulièrement sur les détournements de sulfate de morphine (Skenan) et leurs usages hors des cadres thérapeutiques stricts, le phénomène s’expliquant en partie par les très faibles teneurs de l’héroïne qui circule dans le sud-ouest de la France.

Consommation spécifique de certains produits à Rennes et Lille

Le site de Lille fait le constat « d’une amplification de la pratique de la culture à plus ou moins grande échelle de cannabis et la persistance d’une offre structurée d’héroïne à des prix très bas ». Par ailleurs, le site lillois (à l’instar de celui de Bordeaux), souligne « l’importance des comportements d’alcoolisation massive de la part de jeunes adultes sur la voie publique ». À Rennes, les constatations « portent singulièrement sur la consommation de MDMA (forme poudre ou cristal) chez de jeunes usagers de l’espace festif ».

De plus en plus de scènes ouvertes sur Marseille et Paris

Les sites de Marseille et Paris témoignent d’une visibilité accrue des usagers injecteurs, accompagnée de problèmes de violence liés au contrôle des marchés du cannabis et de la cocaïne. A Paris, la revente de crack se fait désormais au-delà des scènes habituelles du nord-est parisien.

L’identification de ces problèmes de diversification des usages et de paupérisation des usagers démontrent l’intérêt du dispositif TREND. La recherche de solution doit rester au coeur de la politique publique, comme l’illustrent les travaux du groupe « Traitements et Réduction des Risques en Addictologie » (T2RA), réuni par la Direction Générale de la Santé et présidé par le Dr. William Lowenstein et le plan gouvernemental 2013-2017 de la MILDECA.