Conversations cliniques d'Addicta du TyA-Envers de Paris

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clinique et addictionsLe Réseau international du TyA (Toxicomania y Adicciones) du Champ freudien, en association avec l’Envers de Paris et l’Association Cause freudienne Ile de France, sous les auspices de l’UDSM (Union pour la Défense de la Santé Mentale : CSAPA Meltem et La Corde Raide) propose une série de conversations mensuelles les lundis soirs de 20h30 à 22h30.

Objet des conversations cliniques

Difficile de ne pas être consommateur à l’ère de l’objet au zénith de la civilisation (Lacan). Mais nous ne dirions pas que nous sommes tous toxicomanes. Les mots de la clinique passent et s’agit-il seulement de modes ? La forêt du « tous addicts » ne risque-t-elle pas de dissimuler l’arbre de la toxicomanie comme celle de la dépression a éclipsé la mélancolie ? Pourtant, à l’ère de la science, le souci du corps appareillé à des prothèses est l’instrument d’une poursuite hédoniste à la recherche de jouissances toujours inédites. Voilà ce qui bouleverse non seulement les identités mais aussi, en profondeur, le lien social. L’individu contemporain est un individu morcelé, éparpillé qui dérive entre des groupes aux identifications faibles fondées sur l’objet de consommation. Et c’est ainsi que si nous sommes tous addicts, nous sommes tous aussi, de plus en plus, des Anonymes.

S’il faut renoncer aux diagnostics classiques et accepter les étiquettes  nouvelles issues des communautés de jouissance, l’addiction est un sérieux postulant au podium des auto-diagnostics les plus choisis aux côtés des troubles bipolaires, de l’hyperactivité et de l’autisme de haut niveau. Nous constatons que l’usage de ce nom, « addict », s’étend aujourd’hui sur le mode fonction-variable : « addict-à (x) ». De fait, ce diagnostic séduit chaque jour un peu plus au point d’infiltrer le discours courant et il nous semble même apercevoir qu’il pourrait peut-être, un jour, surclasser tous les autres diagnostics. Il nous semble néanmoins nécessaire de continuer d’interroger en quoi la clinique d’un addict au jeu ou au sexe diffèrerait de celle d’un toxicomane à l’époque classique.

Et quid du traitement contemporain de ces troubles ? Car grande est la tentation nostalgique d’un retour caricatural au Père avec ses méthodes d’éducation plus ou moins autoritaires et uniformisantes. Y aurait-il une alternative possible entre les deux faces tout aussi mortelles du surmoi : celui qui dit « jouis ! » ou celui qui « non ! » (Eric Laurent) ? Notre programme : étudier les savoir-faire singuliers avec ces modalités renouvelées de la jouissance, et comment en limiter les risques, au cas par cas et pour la société.

Participation gratuite sur inscription.
Retrouvez l’ensemble du programme de conversations cliniques, leurs travaux, de la clinique, leurs news et commentaires sur le site Addicta.org.