Communiqué de presse – Neknomination, soirées « cartable »… derrière le battage médiatique, des enjeux forts de société

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Paris, le 7 mars 2014

Les consommations excessives d’alcool des adolescents reviennent pour la énième fois sur le devant de la scène. On parle de la neknomination, cette pratique qui consiste à se filmer en train de boire d’une traite une grande quantité d’alcool dans une situation originale puis à poster la vidéo sur un réseau social. On évoque les « soirées cartable », de l’expression « se mettre cartable », qui consistent à remplir son sac de divers boissons alcoolisées que l’on ira ensuite consommer en ville… Comme pour le binge-drinking, ces pratiques ont pour but de boire beaucoup, souvent, en groupe et sur rendez-vous.

Des pratiques, nouvelles ou renouvelées, qui font régulièrement la une des médias, sans pour autant qu’une véritable analyse du phénomène ne soit proposée. Or une enquête récente, « Génération quoi ? », a permis à deux sociologues, Cécile van de Velde et Camille Peugny, de décrypter le mal-être de toute une génération qui s’auto-étiquette « sacrifiée » ou « perdue ». Le malaise qui transparaît des résultats de l’étude peut aisément être mis en parallèle des consommations de substances psychoactives.

Face à ces nouvelles pratiques, les pouvoirs publics semblent démunis, marqués par une conception de la maladie alcoolique chez l’adulte et ses 49 000 morts par an. Ici, il s’agit souvent d’adolescents, de jeunes adultes, qui envisagent de traverser ces comportements avec l’alcool comme des jeux dont ils se servent pour secouer un mal-être dans un contexte qu’ils ressentent comme étouffant, vide, ou frustrant.
Inutile de rappeler combien sur ces conduites, l’incantation appelant à des sanctions reste une solution illusoire. Mais les récents décès, survenus à l’étranger comme en France, ont frappé les esprits.

S’il reste nécessaire de défendre l’interdit de la vente d’alcool aux adolescents, il faut répondre autrement à cette banalisation de l’excès, à cette normalisation de l’abus. De nouvelles manières d’aller vers ces questions sont actuellement expérimentées et testées ; des équipes travaillent depuis longtemps sur ces questions et leurs conclusions sont intéressantes*.

Alors que les budgets de prévention sont mis à mal, un travail plus directement en lien avec la culture adolescente, adapté à son goût des nouveaux médias et aux nouveaux espaces d’échange qu’ils ouvrent, ainsi qu’un accompagnement des familles sur ces questions nouvelles qu’elles doivent gérer s’imposent. Il rejoindrait le déploiement de la mission Consultation Jeunes Consommateurs et de son action d’intervention précoce et offrirait enfin une rencontre adultes/adolescents sur les questions d’addiction, qui, tout en tenant compte des travaux sur la dangerosité des substances, c’est à dire tout simplement des effets qu’elles produisent, aiderait à en accompagner les dommages et les risques par un travail éducatif.

* Laure Com-Ruelle, Nelly Le Guen, « Les jeunes et l’alcool : évolution des comportements, facteurs de risque et éléments protecteurs », Questions d’économie de la Santé, n°192, novembre 2013
Guylaine Benec’h, AIRDDS, Aide-mémoire. Les jeunes et l’alcool., Dunod-AIRDDS, 2014

 

Contacts presse
Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction
Nathalie LATOUR, Déléguée Générale
Tél. : 01 43 43 72 38 – 06 12 21 07 25
Email : infos@federationaddiction.fr

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>> Lire l’article et écouter l’interview de Jean-Pierre Couteron par le site Pourquoi Docteur