Alcoolisation massive … restrictions, faute de mieux !

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Alors que se prépare la fin d’année 2011, des recommandations venant du Ministère de l’intérieur montrent les difficultés et les limites de l’absence d’une politique des addictions cohérente : la restriction de la vente et de la consommation d’alcool (associée à celle de l’essence et des différents pétards et feux d’artifice) donne à penser que la priorité n’est, à court terme, que celle d’éviter les débordements publics, comme dans une autre campagne qui invite à garder chez soi celui qui a trop bu !

Si les différents professionnels de santé, urgentistes ou addictologues, ne peuvent que partager cette ambition de sécurité publique, et espérer que des accidents seront évités, ils ne peuvent aussi que souligner les limites d’une politique qui cherche plus à dégonfler une statistique qu’à trouver des réponses aux développements de conduites dangereuses pour soi-même et pour autrui !

Les alcoolisations aigues, plus visibles lors de la soirée du 31 décembre, ne disparaîtront pas avec la nouvelle année ou parce qu’elles seront enfermées dans l’espace privé !

Elles succèdent à celles qui accompagnent les rentrées universitaires, précèdent celles des grands rassemblements festifs, celles fêtant l’été, celles célébrant un examen…

Elles sont un comportement qui se renforce, ainsi qu’en témoigne la dernière enquête ESCAPAD (OFDT N° 43 – 23 décembre 2011) : les ivresses répétées (soit au moins trois ivresses dans l’année) et régulières (au moins 10 dans l’année) progressant entre 2008 et 2011, pour concerner respectivement
25,6% et 8,6% contre 27,8% et 10,5% des jeunes de 17 ans.

A eux seuls, ces chiffres montrent la nécessité d’une politique des addictions qui ne soit pas celle d’une seule soirée d’hiver ou d’été, et qui prenne enfin la mesure de l’ensemble des questions que nous posent ces conduites.